On en récupère partout, tout le temps. On nous en donne, on nous en offre. On les égare, on en rachète. Certains de ces petits objets traînent dans nos affaires depuis l’école sans jamais vouloir mourir. Mais alors, on en fais quoi ? On ne va quand même pas les jeter !
Afin de répondre avec brio à cette question existentielle cruciale, je vais classer la population en deux catégories : ceux qui cherchent toujours un stylo et ceux qui ne savent plus quoi en faire tellement ils en possèdent. La question sus-citée se pose évidemment par les seconds. Appartenant à cette catégorie, je vais vous donner mes propres astuces.
1 – Faites le tri. Cela peut paraître évident mais aujourd’hui on enfonce des portes ouvertes.
Prenez tous vos stylos. Vraiment tous. Et triez-les. Gardez ceux que vous aimez, qui sont confortables en main et agréables pour écrire. Les chances que vous le surnommiez Highlander sont loin d’être inexistantes.
Puis essayez-les tous. Ceux qui sont secs et non rechargeables : c’est un adieu peu déchirant, avec un aller simple pour les ordures.
Pour tous ceux qui restent en trop ?
2 – Ayez des amis / collègues / voisins … appartenant à la première catégorie de population.
Vous avez trop de stylos ? Ils en manquent ? Donnez leurs ! Cela vous débarrassera et leur rendra service.
Où trouver ces gens-là ? La réponse est simple : partout ! Des employés de bureaux, aux artisans en passant par les entrepreneurs et les artistes, tout individu ayant besoin de prendre des notes pendant son travail est une cible potentielle pour se décharger de ses surplus. Donc emmenez vos stylos à adopter partout.
Prenez le temps de fureter dans les bureaux voisins pour évaluer l’état de remplissage des pots à crayons. Cherchez ceux qui sont toujours en recherche un stylo. En général, ils en ont une douzaine dans un rayon de deux mètre, cachés autour d’eux mais aucun dans leur main au moment d’écrire. Ensuite disséminez vos stylos avec discernement.
Mention spéciale : les enseignants. Ces gens ont une demande forte pour les stylos mais surtout de couleur rouge. Ils les sèment un peu partout, comme des écureuils mais aucun stylo égaré n’est jamais devenu un arbre à stylos. Devenez son arbre.
3 – Rencontrez des parents.
Plutôt que de distribuer des bonbons, distribuez des stylos. Les enfants sont réputés pour leur manque de concentration et leur désintérêt total pour les fournitures scolaires.
Les parents se ruinent pour leurs bambins en stylos, cahiers et autres chaque année, alors que vous possédez déjà de quoi alléger leur budget annuel de consommables non-ingérables (point discutable).
Avec un peu de chance, ces enfants perpétueront le cycle du sur-achat de papeterie et transmettront dans quelques décennies leurs surplus de stylos à un autre parent infortuné.
Note importante : les objets trouvés des écoles sont déjà pleins de stylos esseulés, oubliés par des rejetons peu soigneux.
4 – Donnez à une association caritative.
Les missions humanitaires cherchent souvent des fournitures scolaires à envoyer aux quatre coins du monde. Déchargez-vous chez eux si les méthodes plus haut ont échouées ou que vous vous sentez l’âme d’un sauveur. Profitez-en pour leur donner les cahiers vierges qui prennent la poussière, vos vieux manuels que vous avez oubliés de rendre, la demi-douzaine de gommes à peine entamées, etc.
Comment ne pas être à nouveau envahi par les stylos ?
Pour cela deux méthodes:
1 – La résistance.
Ça suffit ! Plus jamais vous ne serez envahi ! Vous refusez tout stylo non homologué par votre cahier des charges personnel et faites barrage à l’ingérence. Le laisser-aller anti-minimaliste n’entachera plus les surfaces immaculées de votre domaine. C’est fini ! C’est à mon humble avis un épuisant combat perdu d’avance.
2 – Le lâcher-prise.
Vous acceptez que vous êtes une étape dans la vie de ces petits objets, parfois leur destination finale, souvent un véhicule vers un propriétaire plus concerné. Plus qu’un stylo, c’est un média, de la pensée à la feuille. Mais c’est aussi un lien entre vous et l’autre. Un départ de conversation, un sourire ou un merci. Un petit service rendu, un cadeau banal. Ce stylo qui vous encombre peut être utile au prochain. C’est une passerelle tangible entre vous et eux. Car lorsque vous lui tendez un stylo, vous lui tendez la main.
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