Coudrier

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C’est quoi ton type ?

On s’est tous un jour posé la question, à soi-même ou entre amis, pour rire ou pour débattre, comparer nos idéaux et nos attentes, s’assurer que l’on partage un langage commun. Plus que jamais, nous cherchons à classifier, quantifier, étiqueter notre environnement, les gens qui nous entourent, donner une fonction rationnellement justifiable, basée sur des critères précis.

Les outils pour y parvenir sont nombreux : MBTI, astrologie, ennéagrame, système kibbe, big 5 … j’en passe. Il y en a tellement, plus ou moins fiables, plus ou moins accessibles, plus ou moins ludiques, plus ou moins utiles. Tout dépends de ce que l’on cherche.

Il faut avouer qu’il est rassurant de poser un mot sur une idée, en définir les contours et l’essence.  » Alors moi je suis (insérer liste de dénominations psychométriques/physiques/ésotériques) et je cherche (autre liste de dénominations partiellement intelligibles). »

Mais que souhaite-on réellement atteindre comme but ? Nous n’agissons pas sans raison ? Si ? Je n’ose y croire ! Peut-être un peu mieux nous comprendre ? Comprendre les autres ? Se comprendre soi? être compris par les autres ? Très certainement. Justifier, preuve à l’appui, qui nous sommes. Donner un sens, une raison à notre vie, à ce que nous sommes, trouver sa route.

Ou peut-être tout simplement s’accrocher à l’illusion que l’on peut appréhender ce qui nous entoure et ce qui nous compose, s’envelopper d’un semblant de contrôle sur notre vie. « Si je le comprends, alors je peux l’utiliser. »

Car un besoin profond sous-tends le recours effréné aux tests et typages auxquels nous avons accès. Ces outils se définissent comme des moyens de comprendre et ordonner le monde, et par le monde j’entends la masse grandissante des gens. Masquer un peu le chaos gigantesque que huit milliards d’individus répartis sur un globe peuvent produire.

Nous utilisons ces outils pour mieux sélectionner et maîtriser nos interactions avec nos semblables. Réduire le risque de se tromper, de mal faire, de souffrir. Parce qu’à l’heure où le choix n’a jamais été aussi important, où nous sommes noyés dans un océan de personnes, de possibilités, il y a trop de choix. Et nous voulons faire le bon choix, le plus rapidement possible.

Hélas, force est de constater que même avec l’aide de tout ces classements, nous nous sentons fort seuls. Isolés au milieu de la foule. L’amour que nous chérissons tous, semble hors de portée. Pourtant nous avons fait tout les efforts pour nous connaître, pour connaître les autres, déterminer qui nous sommes, ce que nous pouvons apporter, ce que nous souhaitons. Au final, l’outil semble bien vain. Car c’est bien là ce qu’il faut retenir de tout ces tests : ce sont des outils. Des moyens. Utilisons-les comme tels.

Posons-nous des questions, à nous même, aux autres. Cherchons à comprendre, comparons ce qui peut l’être. Prenons le temps de nous découvrir, d’être un peu plus vulnérable, mais sincère. Nous nous cachons derrière des habits fait de cases et de types par peur de nous découvrir face à la mauvais personne. Nous voulons tous nous lier à d’autres être humains, partager, se faire confiance, être aimé. Mais nous avons peur. Alors nous cherchons un moyen fiable d’éviter la souffrance. Il n’y a pas de raccourci vers l’intimité, pas de chemin balisé, car chacun est sa propre route.

Apprenons à lâcher prise. Acceptons que ces choix si brillants, sont aussi souvent les plus lointains. Ils requièrent infiniment plus d’efforts que ce que nous sommes prêt à fournir. Et même si nous y arrivons, nous ne pouvons qu’être déçus de constater leur banalité. Jusqu’où sommes nous prêts à suer pour atteindre un objectif que l’on a aucune certitude d’aimer ? Acceptons que la pléthore de choix que l’on voit est illusoire et que les outils qui permettent d’en faire le tri ne sont que cela, des outils, auxquels nous imputons des propriétés factices et manipulons malhabilement.

Des choix, il y en a, des vrais. Chaque personne est un choix, un chemin, avec ses embranchements et ses obstacles. Sous le chaos des possibilités, au-delà des ordres trompant l’angoisse, il y a la vie. Le chemin où nous sommes maintenant, et le choix d’avancer, au rythme que l’on souhaite. Voila la vrai liberté.



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