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Voyage en Corée 1 : Les préparatifs

L’idée de ce voyage est née pendant les confinements. Ayants toujours eu un attrait pour l’Asie, en particulier pour le Japon, j’ai, comme de nombreuses personnes lors des confinements, écumé les recommandations sur Netflix. C’est ainsi que j’ai découvert la pléthore de séries et film coréens. Bien sûr, tout n’est pas à mon goût. Mais ce qui a d’abord retenu mon attention est sa cuisine. Riche, épicée, chaleureuse. En novembre 2023, alors en plein deuil et à peine capable de marcher sans béquilles, une émission sur la diversité des soupes coréennes m’a persuadée de partir. Je voulais découvrir par moi-même tous ces arômes, voir les couleurs sur les poutres des temples, m’émerveiller des paysages verdoyants.

Alors, je me suis organisé. J’ai appris l’alphabet coréen, les mots de politesse. Pendant des mois, j’ai régulièrement vérifié les prix sur les comparateurs de vols : trouver le meilleur trajet, au prix le plus intéressant. Comprendre le climat local, savoir quand partir. Fin juin 2024, j’ai fixé mon choix. Je voulais limiter les transports, les intermédiaires et la fatigue. Après tout, il y aurait au moins une journée d’avion pour s’y rendre. Ce serait donc un départ du petit aéroport de province, proche de chez moi, avec escale à Charles de Gaulles, du 28 Août 2024, au 24 septembre 2024. Quelle anxiété, quelle angoisse, le jour où j’ai dû dépenser 860 euros sur le site d’Air France. Quelle folie !

Une fois les billets réservés, je ne pouvais plus reculer. J’avais deux mois pour préparer correctement ma valise et mon parcours. Je ne voulais pas me limiter à la capitale coréenne et ses environs. Je voulais voyager, voir la campagne, avoir un parcours mais aussi me laisser porter par mes envies. Pour cela, j’ai téléchargé naver map et créé plusieurs catégories et marqués tout pleins de points sur la carte, en fonction de mes centres d’intérêt. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire tous les articles de voyage, les récits, les guides, trouver les endroits qui me plairaient sur place. On peut le résumer en un mot : culture ! Je voulais visiter un maximum de lieux historiques et de musées. N’étant pas exactement sûr de mon genou droit fraîchement réparé, j’ai préféré limiter, à regret, mes escapades sur les sentiers de montagne. Grand bien m’en pris vu la chaleur écrasante qui allait m’accompagner. Malgré tout, cela reste à charge de revanche.

Heureusement, avant de partir, j’ai eu l’idée lumineuse de m’entrainer physiquement : reprise de la course à pied pour le cardio et musculation. La Corée est un pays de montagnes où les escaliers règnent en maître. Afin de limiter les frais mais aussi l’encombrement, je suis parti avec un simple bagage cabine souple et un sac à dos pour la journée. Hors de question de me trimbaler une lourde valise encombrante dans les coins reculés. J’ai bien anticipé car mon sac s’est vu jeté dans des bus ou me servir d’assise dans un train bondé.

Un mois avant le départ, je refaisait mes bagages tous les week-ends. Pesant chaque élément, choisissant le plus léger, le plus versatile, mais aussi le plus confortable. Si je reste globalement satisfait de mes choix, je n’avais pas anticipé que les chaleurs du mois d’août se poursuivraient jusqu’au premier jour de l’automne. Deux pulls et deux pantalons prirent de la place et de la masse au fond de mon sac pendant tout mon voyage. Si je devais y retourner l’été, je me passerai de prendre ces pantalons et n’opterai que pour une veste légère. J’aurais aussi pris plus de chemises et moins de t-shirts, plus adaptées au climat chaud et humide que le tricot qui collent à la peau. Le col haut offre une protection solaire pour la nuque et la boutonnière offre une ventilation modulable du torse. J’aurais aussi pris un bermuda supplémentaire à la place de mes pantalons. Mon petit éventail pliant, qui prenait la poussière depuis plusieurs années à la maison, m’a rendu de fiers services tout au long du voyage.

Deux semaines avant de partir, je réserve deux nuits dans une auberge de jeunesse à Suwon. Mon parcours est fixé, je voyagerai dans le sens direct (anti-horaire). J’ai bouclé mon sac deux jours avant le départ. La veille, je me rend à l’aéroport pour vérifier que mon bagage est bien conforme aux dimensions autorisées. Il passe haut la main les standards et cela me rassure. J’ai tout bien préparé et avec la minutie anxieuse que j‘ai déployé, je préfère m’assurer du moindre détail jusqu’à la fin. Avec le stress, il m’est pratiquement impossible de dormir la nuit précédent mon départ. Le premier avion décolle à 6h30. Nous nous levons donc à 5 heures du matin. Je ne suis absolument pas habitué à être si matinal. Maman me dépose, on s’embrasse plusieurs fois, je passe la sécurité et j’attends dans la salle d’embarquement. Je prends un cachet de Mercalm, j’embarque. On boucle les ceintures, consignes de sécurité. L’avion décolle, direction Paris Charles de Gaulle.

Dans le grand terminal baigné de lumière, je me repose, somnole un peu. En face de moi, attend un couple de sémillants retraités accompagné de leur chat tabby. La petite bête se laisse caresser, à mon grand plaisir. Ce n’est pas leur première fois. L’heure approche. Je vais dans un coin presque vide du terminal pour faire quelques étirements et charger de quelques pourcents mon téléphone avant d’embarquer. Je fais docilement la queue. Pendant que nous sommes nombreux à piétiner, un jeune couple franco coréen me devance. Il porte leur chat dans une boite. La pauvre bête orange tigré semble désapprouver fortement ce changement brutal d’environnement. J’imagine comment mes deux velus pourraient se comporter dans une telle situation. Je papote brièvement avec eux. Il aura bientôt 30 ans et se doit d’effectuer son service militaire. Il n’en est absolument pas ravi. Sa conjointe l’accompagne et le soutien.

J’avance dans l’avion et trouve ma place, contre un mur, entre une petite française qui repars en Corée pour la cinquième fois et un coréen imposant rentrant au pays. L’avion est plein. Il y a beaucoup de bruit. L’engin se met en place sur la piste. Nous décollons. C’est partit pour douze heures de vol.

Le lendemain ->https://coudrier.fr/2025/01/02/voyage-en-coree-2-30-aout/



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