Le trajet en avion, entre Paris et Seoul est long. Douze heures de vol, dans un Boeign plein et mal insonorisé. Grâce à des cachets contre le mal des transports, je peux pleinement profiter, sans vomir, de ne pas réussir à dormir. Ayant déjà peu d’heures de sommeil dans le corps, je creuse mes cernes. Les sièges en classe plouc, s’inclinent encore moins que ceux des trains de nuit. De plus, l’assise est étroite. J’ose à peine imaginer l’inconfort que ressent mon voisin de gauche, dont la carrure laisse peu de marge de manœuvre. Je le dérangerai régulièrement, pour aller me dégourdir les jambes ou soulager ma vessie, qui gonfle dramatiquement dans cet espace pressurisé. J’apprends ainsi que voyager côté allée me convient mieux, sur les longs trajets.
Grâce aux progrès technologiques, les vols long courrier proposent désormais une tablette intégrée dans le siège de devant, avec une petite sélection de films et de séries. J’alterne les distractions entre l’écran et l’allée. Mon siège étant proche de la cuisine centrale, je m’y rends régulièrement pour glaner quelques victuailles et des conversations avec le personnel naviguant ou d’autres passagers. J’y profite d’une longue conversation avec un jeune étudiant en droit, de Valencienne, partant s’amuser deux semaines à Séoul, sur un coup de tête, avant de commencer ses d’études supérieures. Je lui souhaite bien du courage en me disant que, vu la gouaille dont il fait preuve, il finira sûrement dans le commerce.
Une belle surprise réside dans les repas. J’avais demandé un repas réduit en sucre, ce qu’ils appellent les repas pour diabétiques. Les repas spéciaux sont servis en premier et sans être ultra copieux, le mien était savoureux. Sur ce trajet aller, ce n’est pas l’appétit qui m’étouffait, donc je ne souffre pas du peu d’en-cas servis.
Le trajet se passe et l’avion se pose à l’aéroport international d’Incheon vers neuf heures du matin, terminal deux. J’attends que tout le monde soit sorti de l’avion pour partir, après avoir salué le personnel naviguant. Dans l’aéroport, on ne ressent pas vraiment la chaleur extérieure mais je souhaite quand même me changer. Les bas de contention font merveille en voyage mais tiennent un peu trop chaud une fois à terre et en mouvement. Je profite des WC immaculés de l’aéroport. De là, je commence à errer pour le restant de la matinée.
Déjà, je galère à trouver ma sortie. N’ayant pas suivi le troupeau, je suis perdu. Je fini par m’orienter correctement mais me fait recaler à la douane. N’ayant pas de visa et dans l’incapacité de fournir immédiatement une adresse de logement, on m’envoie dans un bureau à part. On me fournit un accès instable à internet, pour récupérer mon adresse. En manque de sommeil, mon anglais devient plus hasardeux, face à celui fort minimal d’une douanière coréenne. Se comprendre est compliqué. Quand finalement, j’arrive à leur donner l’adresse de la guest-house que j’ai réservé pour deux nuits, on continue de me demander d’autres informations. La procédure veut que je fournisse une adresse pour la durée de mon voyage, afin d’éviter une immigration clandestine.
Ça me dépasse, mais qu’y puis-je ? Finalement, à leur demande, je prouve que j’ai aussi acheté un billet de retour et on me laisse passer.
N’ayant pas de bagage en soute, je m’épargne d’avoir à chercher ma valise et me met en quête de la librairie où récupérer la carte sim locale, que j’ai commandé en ligne quelque jours auparavant. La prochaine fois, je la commanderai en avance, pour la recevoir en France, ou alors j’aurais un téléphone capable de prendre en charge une carte sim dématérialisée.
À onze heures moins le quart, heure locale, j’ai accès à internet. J’envoie un message à ma mère pour l’assurer que je suis arrivé, non sans menus ambages. Je m’achète un petit déjeuné dans la supérette la plus proche, retire suffisamment d’argent au distributeur, puis part à la recherche du terminal un, pour y acheter ma carte de transport.
Dans la navette, je rencontre un couple de français cherchant eux aussi à se procurer la Korea Tour Card (KTC), ainsi qu’une brésilienne en transit pour la Chine, ravie de rencontrer des francophones. Encombrée par deux énormes valises, stressée à l’idée de rater sa correspondance, elle déverse son anxiété dans un flot de parole que j’accueille avec plaisir. J’ai envie de venir en aide à cette jeune femme chaleureuse. Nous trouvons ensemble son guichet d’embarquement. En bons latins, nous nous faisons quatre fois la bise, à grand renfort d’embrassades puis elle part embarquer, direction une nouvelle vie en Chine.
Je repars en quête du guichet me permettant d’acquérir la précieuse carte de transport. J’y recroise le couple de français. à mon premier passage en caisse, je ne suis pas assez rapide au gout de la guichetière, qui me demande de laisser la place. Il ne faut pas se vexer… Je repasse un quart d’heure plus tard, mon argent prêt et l’appli de traduction lancée. Je passe ce coup-ci avec un monsieur plus patient et j’obtiens mon sésame. Sauf que ! Oh rage ! Oh désespoir ! Oh fatigue ennemie ! Ma super carte de transport ne me met permet pas de payer pour le bus vers Suwon.
Je m’explique : sur le moment, je n’avais pas bien saisi le refus, car la KTC permet de prendre les bus, métro, et de payer pour les transport plus longs comme le train ou les bus intercité, et aussi de payer dans toutes les supérettes affiliées (environ 95% de celles du pays).
Ça c’est théorie. En pratique, on me demandera souvent de payer les cars, trains et autres transports intercité avec ma carte bancaire. Pourquoi ? Peut-être parce que je n’ai pas une tête de local, trois mots de coréen au vocabulaire et qu’ils ne veulent pas forcément s’embarrasser à m’expliquer pourquoi ça ne fonctionne pas. Après, ma carte bancaire fonctionnera pratiquement partout, et ce petit morceau de plastique bleu supplémentaire, me permettra de me déplacer aisément partout dans les villes du pays. Donc rien de bien grave. Cependant, il faut reconnaître une chose fort peu pratique : les cartes de transport ne se rechargent QUE en liquide, en Corée.
Bref, il est midi et j’ai faim. Un resto de nouilles tout proche du guichet et à prix abordable me permet de me sustenter rapidement. Ce sera un poncif de ce voyage : la nourriture y est accessible aisément et à des prix imbattables, pour nos standards français. Le ventre plein, j’acquiers un billet en bus limousine, pour me rendre à la gare routière de Suwon. Quand je ressors du terminal, pour attendre le bus local, la chaleur extérieure est déjà écrasante. De la gare routière, je prends le bus et étrenne ma KTC. J’oublie de la viser en sortant du bus, erreur que je ne referai pas. J’arrive vers quinze heures à la guest-house, en nage et haché. Je m’effondre pour un cycle complet de sieste, malgré la chaleur.
À mon réveil, la journée tire sur la fin. Je me rhabille et pars explorer les alentours. Logé au pied d’une colline verdoyante, à proximité du centre historique, je m’élance dans les rues en pentes, vers l’immense statue de Bouddha qui vieille sur la ville. Le temple se situe en bas du parc, à mi-hauteur de la colline. C’est beau, mais je ne m’y attarde pas.

Je pars explorer le parc et je ne suis pas seul à profiter du redoux crépusculaire. Je croise de nombreux promeneur, surtout des retraités et quelques familles. Au pied des marches, menant au point culminant des remparts de la ville, je me désaltère à l’une des plus belle fontaine publique qu’il m’ait été donné de voir. De grosses louches en plastique sont disponible pour boire dans un récipient. Le robinet est activé par le levier dépassant de la bassine recevant l’eau.

Et c’est partit pour 360 marches ! Je cavale à bon rythme et arrive modérément essoufflé à la tour de garde ouest : Seojangdae. Depuis la petite tour de défense attenante, je prends le temps de me régaler du panorama, réalisant enfin que, ça y est, je suis en Corée.


Après ce beau point de vue, je longe les remparts vers le sud.
À l’aplomb du temple, une cloche de bronze, encore en usage, est accessible aux visiteurs. On peut la sonner contre 1000 won (68 centimes au moment de ma visite)

À la pointe méridionale des remparts, avant de redescendre la colline vers l’orient, un petit pavillon est accessible au bout d’un court chemin ensablé : Hwayangnu. Les ajussi (messieurs étant en age d’être pères, globalement) que j’y croise l’empruntent pied nu, alors je suis gracieusement le mouvement. Un peu partout, j’aurais le plaisir de pouvoir ôter mes chaussures. La Corée est un pays où l’on se déchausse souvent.

De là, je redescends les remparts vers le parc puis remonte entre les arbres vers le nord pour rejoindre à nouveau la tour de garde et visiter l’autre moitié est des remparts. La partie nord-ouest, se prolonge en terrain dégagé. Je me baigne aux rayons chauds du lent coucher de soleil, prenant des pauses dans les petits pavillons disséminées le long des créneaux. Le plancher étant en bois, on se doit d’y ôter ses chaussures avant d’entrer.


Arrivé au point septentrional des remparts, à la porte Janganmun, je me pose deux minutes avant de rentrer. J’ai faim et le soleil finit de se coucher.

Je profite que la guest-house est tenue par le cuisinier du restaurant japonais en dessous. J’y mange un délicieux repas de saison, dans une petite salle privée traditionnelle. Dans celle d’à côté, un groupe fête un anniversaire. Je les entends rire, c’est joyeux. Après une douche dans la salle d’eau commune, je me couche complètement fourbu, à 21h30.

Pour en savoir plus :
https://french.visitkorea.or.kr/svc/contents/contentsView.do?vcontsId=109834
Le lendemain ->https://coudrier.fr/2025/01/07/voyage-en-coree-3-31-aout-suwon/
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