Les ombres vespérales s’étirent.
Doucement, la nuit supplante au jour.
L’été se goûte encore dans les dernières figues,
que les grappes mûres remplacent déjà à table.
Il est venu le temps des moissons,
où les grains gorgés de chaleur estivale,
coulent en torrents d’or dans les silos,
à l’abri, prêts pour la période sombre.
Le crépuscule s’alanguit subtilement.
Les celliers se garnissent progressivement.
Combler le vide, la peur, le manque,
par la douceur des saveurs préservées.
Rester encore un peu au soleil,
emplir son cœur de lumière, puis se couvrir.
Garder en soi la chaleur, le feu de la vie,
repousser encore un peu les ténèbres.
Reçoit la nuit avec bienveillance.
Accueille-les précieusement,
ces vastes heures obscures,
où la lune se reflète sur le givre.
Laisse ton souffle s’allonger.
Ralentit en ton corps
et libère ton âme
dans l’ampleur étoilée.
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