Coudrier

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Charlie est mort ce soir

Le siège du journal satyrique Charlie Hebdo à été attaqué par des hommes armés le 07 janvier 2015 vers onze heures trente. Douze personnes en sont mortes, une vingtaines ont été blessées. La France est sous le choc. L’attaque d’un symbole ? Symbole de quoi, de qui ? Pas de la France ? De liberté et d’humanité ? Certainement plus.

Alors la petite France, secouée dans sa sécurité illusoire faite de multimédia, de belles images et de façade s’aperçoit qu’elle est vulnérable face à la violence. On cri, on pleure, on rit jaune parfois même. Tout le monde à une pensée émue pour ces grands dessinateurs qui représentent la presse et la liberté d’expression. Les même qui quelques jours auparavant n’en avaient rien à faire que le journal se casse la gueule dans la boue entre les pavés, harassé par tant de procès et de litiges à force de vouloir desserrer les dents des coincés, ont tous clamé leur appartenance à un grand mouvement de soutiens, au monument qu’est devenu le journal. Ils bêlent tous leur indignation face à un crime qui se déroule sur le pas de leur porte, mais jamais le lèvent un sourcil pour les milliers d’autres qui souffrent et meurent de part le monde.

Naguère remueur de merde montrant avec hargne les injustices de ce monde, il est devenu une grande victime de la folie des humains, celle-là même qu’ils gaussaient depuis des décennies. On est beaux, tous plus hypocrites les uns que les autres, à clamer notre amour à ces gens que au mieux, on ignorait. Tous des vautours, relayant les vidéos des meurtres, se pressant aux buralistes pour acheter la seule édition du journal qui ne paraîtra jamais. On brandit leurs cadavres, le visage ruisselant de larme avant d’appeler au meurtre contre ces salopards qui leurs ont fait ça. Ces gens pas comme nous, qui tuent sans raison, qui se laissent embrigader par des causes fallacieuses. Ces gens méchants, qui nous on privé d’hommes et de femmes précieux. Allons donc les tuer tous ces meurtriers. Ou alors restons chez nous, fermons les volets, blindons nos portes, piégeons le paillassons. On les attend de pied ferme !

Bien sur personne n’oubliera ce qu’il s’est passé. Il est certain que dans vingt et même quarante ans nous irons tous encore fleurir les marches du vénérable journal auquel nous auront tous décidés de nous abonner. Décrétons même le sept janvier jour de deuil national en l’honneur de Charlie Hebdo, ou journée de la satyre, historie d’être sûr, sait on jamais, certains pourraient bien s’en remettre et continuer à vivre.

Aux quelques personnes, qui ont connus personnellement les victimes, aux familles, aux collègues et enfin aux irréductibles lecteurs de Charlie Hebdo, à ceux là reviens le droit de pleurer en public ces êtres qui ont comptés dans leur vie. Ce sont pourtant ces même personnes, les plus touchées par cette tragédie, qui pleurent dignement et loin des regards.

08 janvier 2015



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