Nombreux sont ceux qui se sont un jour demandé comment se débarrasser d’une souche de palmier. Bien sûr il existe la méthode radicale faisant appel à la chimie : une bonne rasade d’herbicide et le tour est joué. Tout est mort dans un rayon de 20 mètres, c’est parfait !
On peut aussi faire appel à la traction des engins motorisés : un grand coup de godet vous déleste d’un mètre cube de jardin et c’est fait. Par contre, ça peut coûter de l’argent et potentiellement faire des traces disgracieuses ailleurs dans votre terrain aménagé.
Sauf que vous avez envie de respecter votre beau jardin paysagé dans son intégrité biologique et structurelle. Et cette protubérance à moitié morte de plante préhistorique au milieu du gazon fait tache. Vous avez bien essayé de couper les racines mais avez vite constaté l’entreprise extrêmement fastidieuse que cela représentait. Alors vous cherchez, désespérez, abandonnez et par un hasard magnifique vous atterrissez ici.
Bienvenu, mettez des vêtements confortables et salissables, parce que vous allez suer. La recette suivante est celle que j’ai appliqué pour me débarrasser des obstacles à tondeuse ponctuant mon propre coin de verdure, sans arracher le tuyaux reliant la fosse à l’épandage.
Il vous faudra : un système cardiovasculaire en bonne santé, de l’eau potable, une pioche, une poubelle, un râteau. Au choix : beaucoup de patience ou un peu de patience, une perceuse et de l’ail entier.
Étape optionnelle : faire pourrir la souche au préalable. La patience c’est pas votre truc et vous avez une souche toute fraîche qui se doit de dégager au plus vite. Bonne nouvelle, vous allez quand même un peu apprendre à être patient. Vous le savez, c’est une compétence très utile dans ce monde absurde. Prenez donc votre perceuse, un foret à bois large (minimum 10mm) et faites plusieurs trous verticaux dans la souche. Insérez une tête d’ail dans chaque trou, remplissez d’eau puis rebouchez avec un peu de terre. Donnez ensuite au temps la possibilité de faire son œuvre pendant plusieurs mois. Si vous êtes patients, laissez la souche sécher lentement. Ce processus peut prendre plusieurs années.
Étape défoulante : vous avez une souche pourrie ou bien sèche. Le moment de transpirer est venu. Préparez une grande quantité de boisson non alcoolisée à proximité de votre ouvrage. Écartez bien les pieds, genoux légèrement fléchis, les épaules souples, le ventre gainé. Saisissez fermement la pioche à deux main, partie plate et tranchante vers le bas et abattez l’outil sur le moignon végétal disgracieux aussi fort que vous le haïssez. Si vous avez déjà fendu du bois, vous savez exactement comment vous placer. La pioche va se planter profondément dans la souche. Si vous l’avez faite pourrir avant, vous regretterez immédiatement d’avoir un système olfactif fonctionnel.
Utilisez vos jambes pour faire levier sur le manche de la pioche afin de déloger des morceaux. Jetez-les dans une poubelle pour les ordures compostables. N’essayez pas de les brûler, c’est inefficace. Répétez les coups de pioche jusqu’à avoir un trou peu profond en lieu et place du bout de tronc poilu que vous avez défoncé. Quand vous en êtes arrivés là, vous avez déjà bu une bonne partie de votre boisson préalablement préparée et fait plusieurs pauses pour reprendre votre souffle.
Étape finitions : Vous avez dégagé les petits bouts d’Arecaceae. Il ne vous reste plus qu’a passer le râteau pour égaliser le niveau, peut-être remettre un peu de terre et ressemer la plante de votre choix. Bien sûr il reste toutes les petites racines dans la terre, mais elles vont lentement pourrir et nourrir le sol.
Et voila ! Vous avez vécu le bonheur intense de défourailler un bout de plante, fait de l’exercice et atteint votre objectif. Le jardin est désormais tout beau. Je vous épargne les photos de mon carré de verdure encore éventré. Sur ce, j’y retourne, il m’en reste encore plusieurs à démolir.
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