« Il n’y a pas d’échec, seulement des leçons à apprendre. »
Qui n’a jamais eu envie de baffer un philosophe de pacotille qui vous sort peu ou prou une version semi éclairée de cet adage ? Et pourtant, il y a du vrai là-dedans. De nombreuses personnes qui ont réussies ont échouées bien plus. Mais ceux qui vantent l’échec ne sont pas forcément ceux qui en ont tiré une leçon. Par contre, ils ont bien envie de vous en donner une. Alors fuyez ! Je ne saurais en mon âme et conscience vous recommander de frapper, ça sera mal venu. Oui, la violence ne résous rien mais ça soulage. ça emmène aussi en prison.
Parce que la violence engendre de la souffrance, physique ou morale. Elle nous marque en notre corps et en notre esprit. Elle nous apprends la crainte. Et en hébreu la crainte signifiait aussi le respect. Venant d’un peuple prompt à la lapidation, je m’abstiendrait donc je leur accorder le moindre crédit éducatif.
Quand on se fait mal on apprend à ne pas recommencer, par exemple poser ses doigts sur la plaque de cuisson brûlante. Certaines leçon laissent une trace plus durable, voire handicapante par rapport à d’autres. Quiconque ayant pris un gadin en short à moto sait. Et il sait quoi ? Que les urgences comptent sur lui pour le don d’organe. C’est pas une blague. Vraiment.
L’humanité n’ayant pas attendu ce bon Pavlov pour répondre aux stimulus, positifs ou négatifs, celle-ci cherche depuis toujours le plaisir et à éviter la souffrance. Sauf qu’a force d’éviter tout ce qui nous rend un tant soit peu inconfortable, on s’empâte. Physiquement mais surtout mentalement. On vit dans la crainte perpétuelle de la perturbation, on redoute la moindre forme de gêne et on recherche ardament le plaisir sous toutes ses formes.
Mais la souffrance trouve toujours un chemin vers notre vie. Alors on la repousse loin loin loin. On l’évite du regard en pressant le pas comme devant un mendiant dépenaillé. On l’enfouit sous les cachets anti-(insérer mention pertinente). On veut qu’elle parte, le plus vite possible ! Sauf que la douleur est une information, la souffrance un état d’esprit, et chercher à l’éviter, c’est s’enliser dedans jusqu’à la noyade.
Parce que le seul moyen de se débarrasser de la souffrance, c’est d’accepter la douleur. Pour aller mieux, il faut passer dedans. Comme ils le disent outre atlantique « the way out is through ». Y a pas vraiment d’autre issue.
Alors vous me direz « Oui ! Mais quand t’a vraiment mal, les antalgiques c’est quand même bien pratique, toi aussi t’en prends ! » et je vous répondrais oui. En effet. Pourtant, je ne me précipite pas sur le moindre cachet à la première incommodité. D’abord, je cherche la cause du mal avant d’en réduire le symptôme. « Ouais ! Mais si t’a vraiment très très mal t’es content d’avoir des cachets! »
Alors soyons honnêtes ! Quand on se fait un très gros bobo qui amène à l’hosto, on n’a pas sur soi de quoi calmer la douleur. Parce que la morphine ou autre opiacé très efficace n’est pas libre à la vente. J’en sais quelque chose. Quand mon genou a violemment plié dans un sens non prévu par le manuel, la seule chose que j’avais à ma disposition était la capacité de crier très fort et mon petit mental. et j’ai fait usage des deux.
Je peux vous assurer que j’étais bien aise d’avoir fait des efforts avant, me permettant ainsi de rependre assez rapidement contenance. Et ce petit mental, il m’a permis de continuer mes efforts, malgré les douleurs gênantes et l’inconfort dans les mois qui ont suivis. Il m’a permis de surmonter bien des choses pas sympa que la vie ne manque pas de nous infliger.
Les médicaments sont un soutient inestimable, une béquille chimique, mais ça doit pouvoir rester temporaire sur tout ce qui est surmontable. Et si un jour quelqu’un l’a fait, donc c’est possible. Aujourd’hui encore, avec l’élégance d’une chèvre boiteuse, je vais clopiner dans mon jardin. Une béquille à chaque bras, je mouille mes pantoufles pour glaner un peu de soleil, au risque de me casser la figure si les gaules se plantent dans un trou de taupe. C’est arrivé et je ne suis pas tombé. J’ai à peine trébuché. Par contre, j’ai du aller pêcher l’embout en caoutchouc, c’était cocasse.
Je sais que si je maintient mes efforts, dans quelques mois, je pourrais reprendre mes activités favorites : fouler les chemins non carrossés, courir, sauter, grimper, poser mon abris dans des coins reculés aux paysages magnifiques. Quand je vois le chemin parcouru, les efforts que j’ai fourni pour en arriver là, je suis fier. Fier d’avoir surmonté des adversités dont je me serais dispensé. J’ai accepté que la douleur fait partit de la vie et ça présence est une leçon. Je sais un peu mieux de quoi je suis capable et je me tourne vers l’avenir, prêt à vivre le reste du chemin.
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